![]() |
Les premiers manchots Adélie rencontrés pendant la traversée, dans le pack. |
![]() |
Les manchots adélie vont à la pêche à la polinie (limite banquise/mer) en suivant le même chemin que nous, qui randonnons vers l'ASTROLABE engagé dans la banquise. |
Petit déjeuner scientifique, à table avec Didier et Roberto: un vieux météo et un jeune "chimie de l'atmosphère", italien étudiant à Grenoble.D'où il ressort que dans les années 80, des mesures ont pu être faites de la quantité d'ozone par ballon sonde à 30 kms d'altitude.Petit rappel: l'ozone est une forme particulière d'oxygène, sous forme O3 au lieu de O2 (moi je m'en souviens, à l'externat, j'étais amoureux secret de la prof de physique). Cette forme est instable, est rare dans l'air ambiant, mais augmente dans des conditions particulières: les étincelles (c'était l'odeur caractéristique du métro), les éclairs ((la même odeur), ou bien le rayonnement solaire en haute altitude. On s'en set aussi pour traiter les piscines (traitement à l'ozone, on dit maintenant oxygène actif, c'est moins connoté catastrophe écologique).Donc à partir du moment où ces mesures ont pu être faites, il s'est avéré qu'au dessus des pôles se trouvait en hiver une zone où cette couche d'ozone était beaucoup maigre, et que cette zone (ce trou) s'étendait d'année en année. En même temps d'autres chercheurs relevaient que la présence des CFC (carbone fluor chlore) diminuait la création de cet ozone (un ozone? une ozone?), enfin bon de ce gaz. Du coup, et c'est la première et la seule fois que cela est arrivé, les états et les industriels ont supprimé l'utilisation des CFC.C'est pourquoi les frigos marchent moins bien qu'avant (fréon= CFC) et que nos mamans ne mettent plus de laque à cheveux (gaz propulseurs des sprays = CFC).En tout cas le trou dans la couche d'ozone se constitue toujours l'hiver sur les pôles, mais reste stable désormais.Cette couche, si elle était ramenée au sol, ne ferait que 3 cms .3 cms!!!!! alors qu'elle est étalée sur 10 kms en haute altitude.Pourtant cette couche filtre d'une façon très efficace les UV, c'est une crème solaire atmosphérique très efficace.Dont Roberto étudie partiellement l'efficacité avec sa valise portative de mesures des halogénés dans l'air ambiant: jusque là la mesure se faisait par un laser réfléchi à 10 kms. Lui a une caisse de 1 mètre contenant dse miroirs hyperreflectifs (des miroirs qui réfléchissent beaucoup...), son rayon laser fait 10 000 allers retours dans la boite pour faire la même distance et mesurer ses halogénés localement. Un futur prix nobel?La dessus, Pascaline arrive effondrée car elle a un problème avec son rack d'hélium.J'adore le pays où les filles ont des problèmes de rack d'hélium au petit déjeuner.Ce soir, je vais me coucher pas trop tard, pasque demain j'ai réveillon avec mes poteaux météos, bios, ornithos, et coetero.A l'apéro, on va augmenter la couche d'eau jaune.
Il a plu à DDU, il faut chercher dans la mémoire des vieux hivernants pour trouver trace d'un tel phénomène. Alors on parle, on boit une bière, on parle, etc.... Et les histoires arrivent, aussi incroyables les unes que les autres.L'un des "campagnards" (ceux qui séjournent pendant l'été austral"en est à sa 27 ° saison ici, il raconte le chantier de la piste du Lion, où les ouvriers capturaient les manchots Adélie pour leur éviter d'exploser avec les charges qui nivelaient les ilôts. Il reste toujours un "shelter" dynamite le long d'un chemin, je crois qu'il est vide, mais pas sûr (ici, on n'est sûr de rien).Il raconte aussi que les 3 mois d'été consommaient plus de vin que les 9 mois d'hivernage, que ce vin arrivait en barrique de bois, que les pichet de service étaient 4 fois plus grand que les pichets d'eau.Il raconte l'histoire de celui qui perdait si souvent son briquets que ses collègues lui avaient offert un lot de 50 briquets jetables, qu'il perdait tout autant. Si bien qu'en fin de saison, 50 nids d'Adélie comportaient au milieu des petites pierres habituelles ... un briquet.Il raconte les camions de pierre déversés sur le chemin du dit chantier, eux aussi assitôt recyclés en éléments de nid.Pour ne pas être en reste, un "gamin" raconte comment il a perdu sa lentille de contact, collée par le froid sur le viseur de son appareil photo.Après je ne me souviens plus...En tout cas, plus après l'histoire trop triste de Sophie, qui nous explique que les chutes de neige et de pluie inondent les nids d'Adélie, que les oeufs non éclos meurent de froid, et les poussins tout neufs se noient sous leurs parents. Cela ajouté la présence persistante de la banquise qui oblige les parents à parcourir des distances trop importantes pour aller se nourrir en mer, provoque une hécatombe.Il a plu, finalement ça m'a pas plu.
Noel matin, pas couché tard, levé tôtUne petite causette en plein soleil avec notre cuistot, une vraie impression de vacances de février à la neige, presque trop chaud.Petit déj avec l'ancien menuisier qui me parle des compagnons, de son père en savoie, de sa mère en beauce, de ses debuts à St Etienne puis du tour de France. Il a commencé à 16 ans, termine cette année (les TAAF comme stage à l'etranger). il ne sait pas encore ce qu'il fera l'année prochaine, mais pas inquietPuis salle de sport, comme Yannick le cuisinier de france 2, encore en service en ce moment. 30 mns à 100 w. Lunettes de soleil face à la banquise, les manchots par groupes qui vont qui viennent, on dirait des familles en ski de fond, les debout, les rampants.L'astrolabe continue à avancer. Pas à pas, c'est pas rien pour un bateau.Puis gérance postale: carte téléphonique 36 euros 30' week end, 20' semaine. Une belle plaque de timbres des adelies, exactement le paysage qui nous entoure.Beaucoup de discussion au sujet de la procrastination, qui semble un mal recurrent sur cette base. Attire-t-elle les fainéants ou bien?Et puis encore une discusion sur notre chance d'être ici.Nous parlerons ensuite pendant le repas de ce qu'il faisait en tant que militaire transmission jusqu'en 95: opérateur morse, capable de noter ou d'emettre à la voléeCet après midi avec Yves Marie (que je viens remplacer), ce sera sortie banquise.Le manchot Adélie qui passe a l'air déterminé, mais pas l'air de savoir où il va (et moi qui était si fier d'être déterminé...)
Mon réveil sonne. L'hôtel est vraiment très calme, les voisins silencieux, pas un bruit de voiture. Tiens, la chambre à l'air toute petite, et puis tiens, c'est rare un lit en 90.Je vois de la lumière sous le store, j'ouvre.TAAAAAAADAM!Je me souviens maintenant, je suis à DDU.Devant moi, une étendue blanche parfaite, lumineuse, plate et un horizon souligné par la ligne grise de la mer. Posés dessus comme des notes sur une portée, des icebergs, toques blanches casaques gris très clair.Un ciel tout gris , mais plutôt gentil, d'un dégradé qui l'amène au blanc neige au sommet de ma fenêtre.Quelques rochers affleurant la neige fraîche pour faire premier plan, pour révéler ce pétrel des neiges... blanc comme son nom l'indique.Rien d'autre.Juste un petit point rouge, à une heure. Aux jumelles, c'est l'ASTROLABE, derrière lequel la banquise semble s'être bien refermée.Je file, je vais prendre un café improbable et des chocopops avec une petite centaine d'ados attardés qui parlent fort et qui rêvent haut (et vice versa).
C'est dimanche,
Docteur Pingouin devant l'Astrolabe On avance, on avance. La mer est de plus en plus calme, dans une grande houle longue, mais pas fatiguante (on sait quand même bien qu'on est sur un bateau!).
Pas trop de malades, pas trop atteints, et ça s'améliore, il y a de plus en plus de monde aux repas, c'est bon signe.
La météo reste très bonne pour la suite, puis ce sera la glace (qui calme les vagues). La gestion du sommeil est hasadeuse, après le décalage horaire et les émotions: une grosse sieste cette après midi, et ce soir (20h30) je n'ai plus sommeil. Il fait assez bon, on supporte une veste tout de meme, l'eau est à 16° mais on n'est pas encore dans l'océan glacial antarctique. Des oiseaux magnifiques: albatros, petrels, une belle chasse de dauphins hier, un bel arc en ciel tout à l'heure.
Bonne ambiance avec mes compagnons, et avec l'equipage de l'ASTROLABE.
Ce midi, saumon fumé, magret canard frites et gateau chocolat.
Ca tombe bien car maintenant tout le monde mange à table. C'était aussi
l'anniversaire du gérant postal, il a reçu un Tshirt blanc recouvert de tous nos tampons philatélie.
Il fait assez bon, on peut aller sur les ponts en chemise mais il faut une veste pour rester. le soleil est un peu voilé, mais tout le monde est bien bronzé, été et trou d'ozone obligent.
On dort, on mange, on regarde des films, on cause, on raconte des conneries, on aide les filles à lancer des sondes de température d'eau par 600 metres de fond.
La mer est belle, petite houle qui fait gentiment rouler l'astrolabe, pas un pétrolier à l'horizon, à l'horizon ... rien.
Hier une baleine.
Rythme de croisière je te dis. Je me demande si je vais débarquer à DDU
ou rester à bord tout l'été?